| Des jalons historiques L'occupation amérindienne (1613-1864) Le temps des pionniers (1864-1920) L'époque moderne (1920-1960) La révolution tranquille (1960-2003) L'avènement des associés (2003) Reconnaissance |
Des jalons historiquesLe lac est situé dans les municipalités de Montcalm et Saint-Faustin-Lac-Carré. Son histoire s'insère tout naturellement dans celle des Laurentides dont la première synthèse générale est publiée en 1989, par Serge Laurin. Une version abrégée de cette histoire régionale est publiée en 2000, par le même historien. Voyons les grandes lignes de cette histoire locale et régionale. L'occupation amérindienne (1613-1864)Au cours des millénaires qui ont suivi la dernière glaciation, des Amérindiens ont découvert et exploiter les Laurentides. Nous pouvons même présumer que des Algonquins ont déjà pratiqué la chasse dans les environs du lac Caribou. Le nom du lac rappelle cette présence algonquine. Les études historiques de Serge Laurin et de Maurice Ratelle traitent de cette période initiale. Parmi les six groupes algonquins que Samuel de Champlain a identifié sur la rivière des Outaouais, lors de ses expéditions de 1613 et 1615, il y avait le groupe des Weskarinis. Mieux connus sous le nom de Petite-Nation, les Weskarinis parcouraient les bassins des rivières de la Petite-Nation, de la Rouge et de la Lièvre - et probablement celui de la Nord. Les Weskarinis s'étaient bien adaptés aux Laurentides. L'hiver, par petits groupes de 15 à 30 personnes, ils remontaient le cours des rivières pour assurer la survie de leurs familles. Ils chassaient notamment l'orignal. Lorsque le printemps arrivait, les Weskarinis redescendaient les rivières vers leurs embouchures où ils se regroupaient par bande de 150 à 300 personnes. Ils pratiquaient alors la pêche, la chasse au petit gibier et la cueillette des fruits. Suite aux guerres entre nations amérindiennes, dont le contrôle de l'approvisionnement des fourrures constituait un enjeu majeur, des nations entières vont disparaître. Les Iroquois, regroupés en confédération et mieux armés que leurs ennemis, vont détruire la Huronnie en 1648 et la Petite-Nation en 1653. Pour fuir la domination iroquoise, les autres groupes algonquins vont se réfugier plus au Nord.Le destin tragique des Weskarinis (1613-1653) La Grande Paix de Montréal de 1701 va assurer une paix durable avec les Iroquois. C'est dans ce nouveau contexte que les Algonquins vont revenir dans leurs anciens territoires de chasse. Ils fréquenteront plus précisément le comptoir de traire des seigneurs d'Argenteuil. Confrontés ensuite à la présence envahissante des marchands de bois et des colons, ces Amérindiens vont peu à peu voir disparaître leur mode de vie ancestral. Afin de protéger les Amérindiens de la colonisation, le gouvernement du Canada-Uni va créer, en 1853, la réserve algonquine de Maniwaki et la réserve iroquoise de Doncaster. Au cours des années 1860, certains Algonquins iront se réfugier dans la réserve de Maniwaki, tandis que plusieurs autres s'intégreront à la société blanche. Par contre, les Iroquois préféreront rester à Oka.Le retour des Algonquins (1653-1864) Le temps des pionniers (1864-1920)Au milieu du 19e siècle, des aventuriers ont peut-être exploré la région du lac Caribou. La présence de cabanes en bois rond aux lacs Manitou et Cornu, dès 1849, rend cette hypothèse vraisemblable. Mais c'est le début l’arpentage des rangs et lots du canton Wolfe, en 1864, qui marque le début d'une nouvelle occupation des rives du lac Caribou. Cet événement devance de peu l'arrivée du curé Antoine Labelle dans sa nouvelle paroisse de Saint-Jérôme, en 1868. À ce moment là, et depuis nombre d'années, les seigneuries ne peuvent plus absorber le surplus démographique. L'ouverture de nouvelles terres devient un impératif national. Dans ce contexte, le peuplement des Laurentides visera un double objectif : contrer l'émigration massive des Québécois vers les États-Unis d'Amérique et devancer la montée des anglo-protestants vers les Laurentides. La colonisation du Nord suivra deux grands axes. Le premier, anglo-protestant, partira de Lachute pour se diriger vers Arundel et Saint-Jovite. Le second, franco-catholique, partira de Saint-Jérôme pour aller rejoindre Mont-Laurier en passant par Sainte-Adèle, Sainte-Agathe-des-Monts et Saint-Faustin. Cette rivalité interculturelle et interreligieuse se doublera d'affrontements entre les entrepreneurs forestiers et les colons. En 1869, l'abbé Jodoin, vicaire du curé Labelle, accompagne un groupe de notables de Saint-Jérôme parti en expédition de chasse et de pêche dans les cantons Wolfe et Salisbury. Accueilli par Pierre Bohémier, maire de Sainte-Agathe-des-Monts, ce groupe est formé par Geoffroy Laviolette, maire de Saint-Jérôme et arpenteur de métier, William Henry Scott, commerçant, Charles de Montigny, avocat, Amable Dufour et Félix Campeau, guides. Peu de temps après cette expédition, l'Assemblée législative du Québec votera des crédits pour l'ouverture d'un chemin entre Sainte-Agathe-des-Monts et le canton Wolfe. Il s'agit du chemin Morin tracé au nord-ouest du lac Manitou. Commencée au début des années 1870, la colonisation du canton Wolfe sera terminée au début des années 1880. Cette période correspond aussi à l'apogée de la colonisation des Laurentides. Ainsi, en 1871, un groupe de défricheurs sera déjà établi à Wenthwist. Voici les noms de ces pionniers du lac Caribou : Campeau, Courcelle, Grenier, Groulx, Monette, Paquet, Sanchagrin et Angelbert. Les colons du canton Wolfe provenaient surtout de Sainte-Agathe-des-Monts. Rapidement, les colons du lac Caribou bénéficieront d'un moulin à scie. Actionné par l'eau, ce premier moulin fut construit par Villeneuve, en 1875. Wilfrid Desjardins achète ce moulin en 1910 et le transforme en moulin fonctionnant à la vapeur. Ce nouveau développement se déroule au cours de l'âge d'or du bois de sciage dans les Laurentides (1892-1920). Soucieux de l'éducation de leurs enfants, la majorité des colons des rangs 1, 2 et 3 demandent, en 1882, la création d'un arrondissement scolaire à Wenthwist. Le 18 mars 1882, les commissaires acceptent la requête et chargent Damase Chaloux de déterminer le site de la future école. Le 17 septembre 1888, Anthime Bélair sera finalement désigné entrepreneur de la nouvelle école du lac Caribou. À la fin de novembre 1889, madame Paul Blondin deviendra la première titulaire de cette école. De 1890 à 1910, les institutrices suivantes ont succédé à Mme Paul Blondin : Marguerite Legault, Philomène Guindon, A. Laveline, Florilda Fournelle, Rachelle Longpré, Agathe Fournelle, Mlle Desjardins, Mme François Pagé, Ida Constantineau, Mme Damase Lamoureux et H. Guenette. En 1912, le curé de Sainte-Agathe-des-Monts autorise la réparation de l'école sans l'autorisation préalable des commissaires de Saint-Faustin. Le conflit qui s'en suivi nécessita l'intervention du surintendant de l'Instruction publique. Le recensement de 1911 dénombre dix-sept personnes demeurant sur les lots riverains du lac Caribou. La moyenne d'âge de ces pionniers est de 24 ans. La personne la plus âgée a 59 ans et la plus jeune 11 mois, l'âge médian étant 11 ans. Les sept lots habités sont la propiété de Wilfrid Desjardins (trois lots), Joseph Deslauriers (un lot) et Alderic Lamoureux (trois lots). Ces lots ne sont qu'une partie du lieu-dit Wenthwist. La population du lac Caribou et du canton Wolfe croît assez rapidement. Quelques trente familles habitent Wenthwist en 1912, tandis que la mission de Saint-Faustin devient une paroisse le 13 mai 1917. Mais tout au long de cette période, l'agriculture pratiquée par les colons en sera une de subsistance, les terres étant presque toutes incultivables. Pour survivre, les colons devront compléter leurs revenus en allant travailler en forêt comme bûcherons, draveurs ou charretiers, pour le compte d'entreprises forestières. L'époque moderne (1920-1960)Le mouvement de colonisation dans les Laurentides prend fin vers 1920. D'ailleurs, à ce moment là, soixante-dix pour cent de la population québécoise est urbaine. Graduellement, le tourisme de masse va changer complètement le paysage de la région. L'arrivée de l'automobile et un meilleur réseau routier rendent possible ce changement majeur. Par exemple, le premier salon de l'automobile aura lieu en 1922, à Saint-Jérôme. En conséquence, les colons vont pourvoir sortir de leur isolement et communiquer plus facilement avec les villages et villes des Laurentides. Par contre, l'arrivée massive de touristes et le développement de résidences secondaires vont provoquer une dégradation du milieu naturel, en particulier au niveau de la pollution des eaux. En 1934 et 1935, Saint-Fautin entreprend des démarches auprès du gouvernement pour l'ouverture d'un chemin entre le village et le lac Caribou. Un chemin pour la traction animale seulement est enfin ouvert en 1937. La même année, la route 11 est ouverte en hiver de Montréal à Sainte-Agathe-des-Monts. En 1939, Saint-Fautin demande au gouvernement de rendre carrossable aux automobiles le chemin entre le village et le lac Caribou. Cette requête est renouvelée en 1942, 1943, 1951 et 1956. En 1957, le chemin devient enfin carrossable pendant la saison estivale. L'année suivante, il le sera l'année entière. Toujours en 1958, l'autoroute des Laurentides est ouverte jusqu'à Saint-Jérôme. Grâce à l'arrivée du train dans les Laurentides, le tourisme pratiqué par les personnes aisées avait débuté dès la fin du 19e siècle. Ces gens s'adonnaient notamment à la pêche et aux sports d'hiver. À partir du début du 20e siècle, le tourisme de masse va se développer assez rapidement. En 1939, un réseau de ski de fond entre les villages des Laurentides compte 1 600 km de pistes balisées. Le gouvernement va publier, en 1927, la première Carte routière et touristique du Québec. La même année, le Canadien Pacifique inaugure son train de neige. Vers 1929, le premier remonte-pente en Amérique du Nord est inauguré à Shawbridge. Les activités touristiques vont prendre encore plus d'ampleur au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Au plan de l'exploitation forestière, l'industrie de la pâte et du papier va supplanter celle du sciage de bois. Toutefois, ce changement affectera peu les colons des Laurentides. En 1935, Wilfrid Lamoureux achète le moulin à scie du lac Caribou de Wilfrid Desjardins. Ce nouveau propriétaire mettra fin aux activités de son moulin et le vendra en pièces détachés en 1955. La présence d'un club privé de pêche près du lac Caribou mérite aussi d'être signalée. Son territoire deviendra plus tard le site d'un centre éducatif forestier. De 1923 à 1927, les institutrices Irène Richer, Rose-Alma Viau, Bella Lalancette et Germaine Archambault enseignent successivement à l'école No 2 de Wenthwist. En 1928, le taux de perception des taxes scolaires est de 2 $ du 100 $ d'évaluation. La pisciculture de Saint-Faustin est ouverte au public en 1932. L'année suivante, Claude-Henri Grignon publie son célèbre roman Un homme et son péché. Il situe en 1880 la dixième année de l'enfance de Donalda Laloge, dans une petite ferme du lac Caribou. En 1944, la municipalité du canton Wolfe prend le nom de Saint-Faustin. L'année 1956 marque la fermeture des dernières écoles de rang. La même année débute la série télévisée Les Belles Histoires des Pays-d’en-Haut. En 1959, l'ouverture de la Butte à Mathieu, à Val-David, annonce le début d'une nouvelle période historique. La révolution tranquille (1960-2003)À tous les points de vue, la société québécoise se transforme en profondeur au cours des années 1960. Ces bouleversements vont affecter également les gens des Laurentides. Dès 1960, les élèves du secondaire sont transportés par autobus scolaire. À partir de 1970, les jeunes du lac Caribou seront ainsi transportés à Saint-Jovite pour aller à l'école polyvalente Curé-Mercure. Dans le domaine culturel, trois fondations méritent d'être soulignées : Le Patriote de Sainte-Agathe-des-Monts, en 1968, la bibliothèque de Saint-Faustin, en 1972, et le Centre de la culture des Laurentides, en 1978. Le développement routier se poursuit à la suite de la publication du rapport intitulé Les routes de la région des Laurentides (1968), par le Conseil économique régional des Laurentides. L'autoroute des Laurentides atteint Sainte-Agathe-des-Monts en 1970. Les activités récréatives se diversifient. À la fin des années 1970, le lac est ensemencé de truites. En 1978, un télésiège est installé au Mont-Blanc en même temps que débute la production de neige artificielle. L'année suivante, le gouvernement québécois construit un Centre d'interprétation de la nature près du lac Caribou. En 1981, on retrouve deux cabanes à sucre au lac Caribou, celle de Jocelyn Desjardins et celle d'Armand Chalifoux. Par ailleurs, la piste du P'tit train du Nord est ouverte en 1992.
L'avènement des associés (2003)L'Association pour la protection de l'environnement du lac Caribou est fondée le 8 juin 2003, à l'initiative de Diane Lachaine et de ses premiers collaborateurs Jean Trudel, Claude Bélanger, Ghislaine Lefrançois et Jean-Pierre Dumaine. Depuis la création de l'association, l'histoire du lac se confond avec celle des projets et réalisations des associés. Ces activités sont présentées sur le site de l'APELC. ReconnaissanceAu cours de mes recherches au Centre de conservation de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, j'ai bénéficié de l'aide de monsieur Jean-François Palomino, responsable de la Collection patrimoniale de cartes géographiques. Ces recherches ont porté sur des cartes cadastrales, géologiques, régionales, routières et topographiques. Par ailleurs, monsieur Claude Rheault, géographe analyste à la Commission de toponymie du Québec, m'a envoyé par courriel plusieurs informations sur les lacs Caribou et Mousseux, ainsi que sur les coordonnées centrales de ces lacs. |